La première question à se poser avant d'éduquer son chien
La cohérence, le secret d’un chien serein.

Aujourd’hui, le monde canin est un sujet qui divise profondément les professionnels. D’une part, on trouve ceux qui restent ancrés dans une notion archaïque de l’éducation, où l’autorité et la dominance priment. De l’autre, ceux qui prônent le “tout permissif” et la “cool attitude”.
Au milieu de ce fossé, il y a VOUS. Vous venez d’adopter votre premier chien, qu’il vienne d’un refuge, d’un éleveur ou d’un particulier. Tout ce que vous souhaitez, c’est vivre votre meilleure vie avec ce compagnon qui — vous en êtes sûr — vous apportera bonheur et amour.
Si vous êtes comme moi, soucieuse du bien-être de vos animaux, vous allez commencer à vous renseigner sur Internet, regarder des vidéos sur YouTube ou lire des livres. Et là, c’est la douche froide : personne n’est d’accord, les éducateurs “se tirent dans les pattes”, chacun y va de son conseil contradictoire… L’un dit blanc, l’autre dit noir. Et vous, dans tout ça ? C’est le stress du débutant.
Pour l’avoir vécu, je sais que l’on commence vite à stresser. Mille questions surgissent :
PAS DE PANIQUE.
Il est vrai que le monde canin fait face à de grands changements. Les recherches sur le bien-être animal progressent : on ne voit plus le chien comme un objet, mais comme un être vivant doué de sensibilité et d’intelligence.

Si l’on regarde la définition de l’éducation canine dans le Larousse, on lit :
« L’éducation canine repose sur l’apprentissage des règles de vie dans la maisonnée et au sein de la société humaine. Elle a pour but que le chien soit “bien élevé” et se comporte de la façon attendue pour un animal domestique. »
Cette définition soulève deux questions : quel comportement doit avoir un animal domestique ? Et qu’est-ce qu’un chien “bien élevé” ?
Si je pose cette question à différents maîtres, les réponses varient autant que chez les éducateurs :
En tant qu’éducatrice canine, je vous dirais qu’un chien est bien élevé lorsqu’il ne sort pas du cadre de vie fixé par son maître. En contrepartie, les limites fixées par celui-ci ne doivent en aucun cas entraver les besoins naturels et physiologiques du chien.
Exemple : Lors d’une promenade dans un environnement sécurisé, le chien doit avoir le droit de flairer et de se déplacer librement. C’est essentiel à son bien-être. Il n’est donc pas nécessaire de tout lui interdire, en contrepartie il est normal que celui-ci revienne quand son maître le rappelle.
L’objectif est de trouver un statu quo qui apporte autant de satisfaction au chien qu’à son humain. On oublie trop souvent que le chien a sa propre personnalité, liée à sa race mais aussi à son individualité propre.

Je vous invite donc à vous poser cette question, essentielle pour l’éducation comme pour le choix de la race de votre futur chien :
« Quelles limites suis-je capable de tenir toute la vie ? »
Par là, j’entends :
Ces limites doivent être réfléchies en amont.
En matière d’éducation, la pire ennemie est l’inconstance.Si vous interdisez le canapé, mais que vous le laissez monter de temps en temps sans rien dire, le message se brouille. Si vous exigez un rappel “au pied” les trois premières fois, puis que vous validez un rappel à un mètre les fois suivantes, le chien finit par ne plus voir l’intérêt de revenir jusqu’à vous. Cela crée des tensions, de l’agacement chez le maître, et un chien qui finit par n’en faire qu’à sa tête.
Mon conseil : Essayez de votre côté de faire attention à ces limites et vous verrez que vous réglerez quelques petits problèmes en un rien de temps. N’hésitez pas à dire à votre éducateur quelles sont vos attentes réalistes : celles que vous pourrez mettre en pratique chaque jour et naturellement. L’éducation ne doit pas être un combat de tous les instants entre vous et votre chien, mais un savoir-vivre en cohabitation où chacun est respecté.
Et de votre côté ? Avez-vous constaté un relâchement sur certains types d’ordres ? N’hésitez pas à témoigner et à partager votre ressenti en commentaire !